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Les Gardiennes du Sol : Une Usine d’Engrais Naturel

Si l’on considère l’agriculture ouest-africaine face au défi de la pauvreté des sols, les légumineuses ne sont pas de simples plantes : ce sont des ingénieurs écologiques.

En tant que chercheur, j’ai passé des années à observer les racines du niébé et de l’arachide. Ce que l’on y trouve est fascinant : de petites boules appelées nodosités. C’est le siège d’une symbiose biologique parfaite avec des bactéries du sol (Rhizobium). Contrairement au maïs ou au sorgho qui « pompent » l’azote du sol jusqu’à l’épuisement, la légumineuse capture l’azote de l’air et l’injecte dans la terre.

Pour le paysan du Sahel ou de la savane guinéenne, l’impact est économique et immédiat. Une culture de légumineuses bien menée peut laisser l’équivalent de 30 à 50 kg d’azote par hectare pour la culture suivante. C’est de l’urée gratuite. C’est pourquoi l’association culturale (cultiver maïs et niébé ensemble) ou la rotation des cultures n’est pas une tradition « ancienne » à dépasser, mais une technologie d’avenir à optimiser.

Dans nos stations de recherche, nous avons prouvé que l’introduction systématique de légumineuses dans les cycles de production permet de régénérer des terres arables considérées comme « mortes ». Elles sont les garantes de la durabilité de nos systèmes agraires face à la désertification. Sans elles, l’agriculture en Afrique de l’Ouest serait condamnée à une dépendance ruineuse aux engrais chimiques importés.

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